CE DERNIER ROI DE POLOGNE: STANISLAS

Stanislas Auguste Poniatowski fut le dernier roi de Pologne. Jamais roi polonais n’aura été plus villipendé, plus méprisé, plus critiqué.

Stanislas
         Stanislas

Pour un non-polonais la chose est assez difficile à saisir, notamment pour un Français qui même républicain n’a pas l’habitude de voir traîner dans la boue un des rois de France – même si certains furent plus habiles à gouverner que d’autres.

Pour Stas, comme l’appellent les Polonais il en est tout autrement et même après sa mort l’on continuera et continue jusqu’à maintenant à le condamner et à le répudier.

Mort, en exil, en 1798, le 12 février, à Saint-Pétersbourg il aura eu le temps d’écrire un Mémorial pour sa défense que les Russes gardèrent durant des décennies au secret. Trois ans plus tôt le 25 novembre 1795, date d’anniversaire de son couronnement  il avait été forcé d’abdiquer et de signer le partage de la Pologne entre la Russie, l’Autriche et la Prusse. Sa signature devint pour l’historiographie polonaise, celle d’un traître et d’un lâche.

Ce ne sera qu’en 1938 que ses ossements reviendront en Pologne ; là où il était né à Wołczyn.

La Pologne en 1939
                 La Pologne en 1939

Mais après la Seconde guerre mondiale, vu les changements de frontière il se retrouva une fois de plus sur le territoire devenu non plus russe, mais soviétique. Et ce ne sera qu’à la charnière de 1988/1989 que ses restes reviendront en Pologne.

La Pologne après la seconde guerre
   La Pologne après la seconde guerre

Ce ne sera pas la fin de sa vadrouille post mortem. En 1989, vu que l’on ne savait quoi en faire étant donné les opinions sulfureuses qui soufflaient toujours sur sa personne, on l’y laissera jusqu’en 1995, année où il viendra reposer, non pas à Cracovie, au château de Wawel, comme beaucoup d’autres monarques, mais en la cathédrale Saint-Jean à Varsovie.

Son sarcophage

Son sarcophage

Pourquoi un tel mic-mac ?

L’on peut dire que la malédiction de ce dernier Roi de Pologne aura été le point d’orgue de ce fatum qui pesait sur les rois polonais : leur élection.

Sa coronation
              Sa coronation

Lorsqu’il fut couronné Roi de Pologne en 1764, il ne le fut que grâce à Catherine II, impératrice de toutes les Russies, avec qui d’ailleurs il avait eu une aventure amoureuse dans sa jeunesse et même une fille qui mourut à l’âge de deux ans.

Catherine II
              Catherine II

Comment se faisait-il qu’un pays étranger pût décider à la place des Polonais quel roi ils devaient élire ?

L’explication en est des plus simples : les grandes familles aristocratiques qui se partageaient le pays étaient tellement en désaccord sur le candidat qui devait être élu qu’ils s’en remirent à Catherine II. La chose pour un Français ou un Anglais paraîtra incroyable, mais c’est ainsi.

Catherine II qui connaissait bien Stanislas et pour cause, le choisit non pas pour ses qualités mais pour ses défauts. Sa faiblesse de caractère lui étant connu, son goût du luxe aussi, elle pensa, bien à tort, qu’il serait facilement manipulable. En même temps le jour de son élection – on n’est jamais trop prudent – le 6 septembre 1764 – Catherine II  fit venir 4000 soldats russes à Varsovie, sous l’oeil vigilant de l’ambassadeur russe Repnin qui par la suite ne manquait jamais une occasion de montrer à ce « roitelet » – voilà comment il appelait le roi de Pologne – qui était le maître et qui devait avoir la préséance, notamment lors des bals et réceptions. L’opposition à cette candidature n’eut plus qu’à s’enfuir. Et l’élection eut lieu de la manière la plus officielle et dans le plus grand ordre, c-a-d l’ordre de la peur.

Mais si le Roi était faible de caractère et recevait même une pension en monnaie sonnante et trébuchante de la Tzarine Catherine II il n’en avait pas moins des qualités remarquables, notamment intellectuelles et une très bonne formation dans une école religieuse. Il avait voyagé et visité différentes cours européennes – Ce qui l’avait le plus frappé c’est à quel point la Pologne était un pays complètement attardé, sans infrastructures viccinales, sans égoût, sans écoulement des eaux, sans politique d’enseignement, sans politique culturelle et sans administration ou plus exactement une administration de façade… une pure fiction, comme celle d’aujourd’hui en Pologne. Il savait parfaitement qu’il montait sur le trône d’un pays au bord de la faillite et qu’il était pris en tenaille, par l’Autriche, la Prusse et la Russie. Mais son espoir, en tant qu’homme des Lumières était tout d’abord de faire sortir son pays de « l’obscurantisme culturel et politique », comme il le disait.

Homme des Lumières il espérait éclairer cette Pologne dans le domaine des Arts et par une réforme du système politique en une Monarchie constitutionnelle et aussi ce qui jusqu’à aujourd’hui  est le talon d’Achille de la Pologne : une véritable réforme de l’administration pour obtenir des serviteurs de l’Etat d’être à la hauteur de la tâche qui leur incombent …

Voulant réformer et se considérant comme un réformateur, estimant qu’il fallait mieux ne pas irriter l’ours russe, en un mot que la Pologne devait se donner les moyens de sa politique et non pas mener une politique dont elle n’avait pas les moyens ; il était pour une collaboration avec la Russie, au dépens de la Prusse et de l’Autriche qui, il le savait, lorgnaient toutes les deux, sur certains territoires polonais.

Mais cette position de réformateur devint intenable entre le camp des Conservateurs que l’on pourrait même appeler réactionnaires qui rêvaient d’une Pologne sarmates et le considérait comme un pauvre roi, dans tous les sens du terme.

Les aristocrates de cette faction étaient cent fois plus riche que Stanislas qui provenait d’une famille peu fortunée et assez peu ancienne. A son aile gauche, c’est-à-dire les thuriféraires de la révolution française version jacobine il était bon à guillotiner et dans son propre camp, il devint vite mal  aimé car il n’en faisait qu’à sa tête et ne voulait pas écouter son très riche et puissant cousin le Prince Adam Kazimierz Czartoryski.

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Et ce fut le malheur de ce dernier Roi qui ne réussit point à former autour de sa personne un pouvoir d’hommes et d’argent. Au début de son règne, durant quatre ans, il réussit avec les plus grandes difficultés à forcer quelques réformes : le droit de douane pour tous, une réforme monétaire et des postes. Une réforme aussi des impôts qui fit beaucoup de mécontents parmi les grandes familles. Une école militaire qu’il paya de sa poche, car les caisses publiques étaient vides. Cette école devait former les futurs hauts fonctionnaires – intéressant de voir qu’aujourd’hui le gouvernement polonais veut fermer l’Ecole Nationale d’administraion polonaise pour ne rien mettre à la place, sauf des gens qui ne savent qu’une chose : que les fourchettes et les couteaux existent, mais savent à peine sans servir !

L'école des cadets
             L’école des cadets

Mais la Russie inquiète de le voir réformer le pays – petit à petit- et de tenter de mener même un début de politique étrangère indépendante de son influence s’irrita et l’ours russe se réveilla. Avec l’assentiment de la Prusse, sous les bons auspices de Frédéric II  et de magnats polonais, en 1767, à Radom, tout ce beau monde créa une Confédération  sous l’œil de l’armée russe. Cette Confédération se voulait la garante de la défense de la foi et de la liberté. (Sic) Quelle liberté ? La liberté bien sûr d’élire le roi qu’ils désiraient et du liberum veto. Le droit de s’opposer au roi. Et le droit seulement pour la noblesse d’occuper des postes dans l’administration et bien sûr le servage comme en Russie.

Un an plus tard l’opposition qui n’était ni d’accord avec les réformes du roi qu’elle trouvait trop molles et cette Confédération pour la défense de la Foi et de la Liberté ouvrit elle-même sa propre confédération à Bar. Deux ans plus tard elle proclama la détronisation du Roi et alla même jusqu’à le kidnapper. Durant deux ans une guerre entre ces deux confédérations se déroula sans que le roi n’eut le moindre pouvoir pour intervenir sur les événements. Une guerre fraticide qui ne fit qu’aggraver l’état de ce pays déjà bien mal en point.  La confédération de Bar proclama la détrônisation en 1770. Et un an plus tard elle organisa son enlèvement. Mais le roi réussit à convaincre ses kinadppeurs de le relâcher. La guerre des confédérés contre les Russes dura jusqu’en 1772, mais le roi n’avait aucune influence sur les événements. Aucun des deux camps ne comptait sur son opinion. Sur les conseils de Frédéric II, Catherine II arriva avec la proposition – pour faire cesser ce chaos, dont elle avait été elle-même l’une des inspiratrices : Le partage de la Pologne entre trois pays – L’Autriche, la Prusse et la Russie.  Ce partage eut lieu en 1772. Stas essaya bien de protester mais la diète polonaise, en 1773, elle-même confirma le partage et alla jusqu’à lui retirer certains de ses prérogatives, notamment son droit de nommer certains hauts fonctionnaires et d’être le chef suprême de l’armée… (L’histoire en Pologne se répète et bafouille ; elle n’est pas à prendre avec une fourchette, mais au couteau).

1er partage de 1772
                    1er partage de 1772

Malgré cela dans cette Diète qui dura jusqu’en 1775, le Roi réussit à forcer la réforme de l’armée, des finances et en  1773, créa la Commission de l’Education Nationale (équivalent du Ministère de l’Education Nationale). Mais l’opposition soutenue par la Russie bloqua toute autre réforme, ce qui provoqua que de 1788-1792- époque appelée :  La grande Diète l’opposition du côté gauche prit le dessus. Elle prépara une Constitution qui modernisait les institutions de l’Etat et renforçait la position du Roi. Son rédacteur fut le célèbre grand aristocrate éclairé, Ignacy Potocki.

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         ignacy-potocki
La Constitution du 3 Mai
           La Constitution du 3 Mai

Et, en 1791, la Diète vota  la Constitution du 3 Mai. L’opposition conservatrice, comme toutes les réformes de la Grande Diète d’ailleurs considéra qu’elle pouvait à cause de ce vote proclamer la désobéissance au roi et les malcontents se liguèrent en 1792, en une nouvelle confédération, la Confédération de Targowica  – en vérité elle avait été établi en présence de Catherine II à Saint Pétersbourg et mijotée notamment par de grands aristocrates polonais comme Branicki, Szczęsny Potocki, Seweryn Rzewuski.

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         szczesny-potocki

Cette confédération avec l’aide des Russes entra en guerre pour abolir cette Constitution qui selon elle était par trop progressive, car elle renforçait le pouvoir royale au dépens des grandes familles aristocratiques. Les soldats russes finirent par arriver aux portes de la capitale. Le Roi qui ne voulait pas d’un second partage de la Pologne rejoignit au grand damne de ses plus proches collaborateurs cette Confédération de Targowica. Dès ce jour il passa pour un traître au yeux de toute la population qui elle s’était battue les armes à la main pour défendre cette constitution.

Pourquoi Stanislas a t-il changé de camp ? Il était le mieux placé pour connaître le nombre de soldats russes et la disproportion des forces en présence. Il ne crut aucunement au soulèvement populaire et à la fois il le craignait – l’exemple de la Révolution française restait gravé dans sa mémoire. Mais son plan échoua : Les Russes occupèrent non seulement la Capitale, massacrant qui ils voulaient, mais ils exigèrent le deuxième partage du pays qu’ils signèrent en commun avec la Prusse. Les Sénateurs de la Diète de quatre ans émigrèrent à l’étranger. Le Roi resta seul, sans pouvoir. Il n’était plus qu’une marionnette sans fil et son peuple non seulement le méprisait mais le haissait considérant qu’il avait trahi.

2ème partage
                     2ème partage

Ce deuxième partage de la Pologne signée par la Russie et la Prusse provoqua une telle vague de mécontentements que Tadeusz Kosciuszko se mit à la tête d’une insurrection armée. Durant celle-ci certains des insurgés voulaient guillotiner le roi, prenant exemple sur ce qui s’était fait en France. Lorsque le roi voulut se rallier à l’Insurrection il ne fut même pas accepté. Personne n’en voulait. Il resta terré dans son château sur l’eau qui prenait eau de toute part. En même temps le peuple craignait qu’il s’enfuya – comme la fuite de Louis XVI à Varennes –  il était en somme prisonnier dans son propre royaume qui depuis son couronnement ne lui avait de facto jamais appartenu. Ayant voulu passé du côté droit de la Vistule – pour une promenade en calèche assura-t-il – il fut rattrapé par la populace et ramené au château royal où la foule voulait le pendre, mais dans la foule une voix s’éleva : « Vive le roi mais qu’il ne se sauve pas ». Et cette voix le sauva, ainsi que Tadeusz Kosciuszko qui ne voulait pas devenir un régicide.

Tadeusz Kosciuszko
Tadeusz Kosciuszko

Le désordre de la révolution était si grand à Varsovie que Catherine II n’eût plus qu’à intervenir pour « ramener » l’ordre et elle força le roi à abdiquer. Comble de déshonneur elle le força à abdiquer le jour de l’anniversaire de son couronnement : le 25 novembre 1795.

Et ce fut alors que tomba comme un couperet le troisième partage de la Pologne, entre l’Autriche, la Russie et la Prusse.

3ème partage
                      3ème partage

Exilé et seul en Russie le roi mourra trois ans plus tard en 1798.

Sur la plan politique il est de bon ton de dire qu’il a tout raté.

Pourtant il a réussi à faire prendre conscience à certains polonais – malheureusement pas à la majorité – qu’il y avait un autre fonctionnement de l’Etat, de la diplomatie, un fonctionnement plus civilisé. Que la Pologne ne pouvait éternellement justifier ses déboires par les fautes de ses voisins mais se regarder elle-même droit dans les yeux et sans compromis.

Sur le plan culturel il a parfaitement réussi le théâtre National (l’équivalent de notre Comédie française c’est lui ; les aménagements du château royal ;

theatre national
                     theatre national
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     chateau-royal-le-trone
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            palais-sur-l’eau

les bibliothèques, les parcs, les journaux comme le Moniteur. Il a laissé au grand public l’entrée libre de ses bibliothèques . Le mécènat des Arts et des Lettres c’est encore lui. Par contre son héritage spirituel n’a presque pas été transmis à la classe politique d’aujourd’hui qui trouve plus facile de le critiquer que de s’y abreuver. C’est un héritage qui n’est pas à prendre à la fourchette, mais à la louche et à la française, n’en déplaise au Vice-ministre polonais de la défense d’aujourd’hui. Mais à mon sens ce fut lui qui aura syncrétiser et cimenter l’identité du peuple polonais qui bien que n’ayant ni sol, ni gouvernement arrivera à survivre et à reconquérir son indépendance 120 ans plus tard. Voilà pour quoi Stanislas mérite tout notre respect : il fut un grand roi ! Stanislas n’est pas mort ! Vive Stanislas !

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    le-roi-et-la-clepsydre

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Je vous propose de multiples variantes de visites guidées thématiques ou plus générales. Il va de soi que vous pouvez vous-mêmes proposer vos thèmes ou attentes et je me ferai un plaisir d’y répondre au mieux. Quelques exemples d’offres de visites guidées thématiques:

 

  • Le Varsovie de l’Entre-deux-guerres
  • Le Varsovie maçonnique d’hier à aujourd’hui
  • Le Varsovie français et Napoléon
  • Le Varsovie de la Seconde Guerre mondiale
  • Le Soulèvement de Varsovie
  • Le Varsovie des Arts et des Lettres
  • Le Varsovie communiste
  • Le Ghetto et son soulèvement
  • Les cimetières civiles et militaires
  • Chez le dernier Roi de Pologne
  • La demeure princière d’un roi gentilhomme
  • Chopin et Varsovie
  • Les églises, cathédrales et basiliques de Varsovie
  • Les palais varsoviens
  • Les grands architectes polonais et étrangers de Varsovie
  • La Vieille ville et ses secrets
  • Pour le plaisir des yeux, des oreilles et du palais…

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LA CLASSIQUE DES CLASSIQUES (Suite VIII)

Par votre guide, Gilles Renard, pour Varsovie et ses alentours gillesrpl@yahoo.com – portable : 500081928 (Varsovie)

Le côté Zakrzewski

Ignacy Zakrzewski-Wyssogota

Ignacy Zakrzewski-Wyssogota

La numérotation de la Place du Vieux Marché commence par ce côté. En 1916 on l’appela : Ignacy Wyssogota-Zakrzewskiego (1745-1802), président de Varsovie, membre de la Diète de quatre ans (Voir mon émission « Les Rois qui ont fait et défait la Pologne – Stanislas Auguste Poniatowski » dimanche 23 octobre – première diffusion) et membre actif de l’Insurrection de Kościuszko.

Tout d’abord avant que de commencer à décrire toutes ses maisons, en elles-mêmes toute remarquables, allons devant le numéro 5 ou l’enseigne représentant un monstre « Basilic » [Bazyliszek] nous attend.

Basilic

Basilic

Ce Basilic est bien connu de tous les Polonais. Il est le protagoniste principal d’une des plus célèbres légendes varsoviennes. Tout d’abord, son apparence. Vous en conviendrez tout comme moi il est assez difficile à classer dans l’échelle des espèces animales : à moitié lézard et un peu du dragon. Son effigie se retrouve dans le plus ancien blason de la Vieille Ville.

Ancien blason de Varsovie

Ancien blason de Varsovie

Quelle était sa fonction, comme aurait dit George Dumézil ? Celle de garder le trésor de la Vieille Ville, caché dans l’une de ses caves ! Basilic faisait si peur que personne n’osait s’en approcher. Mais, un jour, un petit fûté en la personne d’un jeune adolescent descendit dans cette cave et vint à bout de Basilic. Comment ? En retournant sa laideur contre lui ! En effet il se cacha derrière un miroir et Basilic mourut de peur en voyant sa propre image…

Vous pouvez voir l’une de ses représentations sur le mur du numéro 4 de la place. Certaines personnes bien informées disent que ce fut dans la cave de cette immeuble que se trouvait et se trouve encore le trésor. Allez-y voir si vous n’avez pas peur !

Immeuble No1

Les Walbachowie étaient des patriciens très puissants au XVIème siècle et furent les premiers propriétaires de cette maison. Au XVIIème elle passa entre les mains d’une famille qui atteignait alors à son apogée : Les Giz. Entre le XV et le XVIII elle subit moult transformations. Elle connut sa plus grande splendeur sous le règne de Stanislas Auguste Poniatowski – le dernier roi de Pologne. Pourquoi donc ? Car le peintre personnel du roi – Marcello Bacciarelli peint lui-même les plafonds.

Marcello Bacciarelli autoportrait

Marcello Bacciarelli autoportrait

Puis ce fut le XIXème siècle, siècle de la plus grande décadence de la Vieille Ville avec le début du XXème. Cette maison n’était plus qu’un taudis, habitée par du demi-monde qui ne faisait pas dans le demi-sel ! A l’époque de l’occupation prussienne se trouvait le commissariat de police. Cette institution, dirigée par un affreux personnage – Herr Direktor Patz- ne lui redonna pas une vertu, mais la fit se transformer en un des lieux les plus abominables de la Vieille Ville. C’était là, dans sa cave, que Herr Direktor, battait, torturait les pauvres varsoviens.

En 1944, les guerriers teutons la détruisirent de fond en comble sauf la cave et le rez-de-chaussée.

Immeuble No3

Immeuble No3

Là habitait le barbier du roi Stanislas Auguste Poniatowski : Jerzy Jucht. Sur la façade quelques vers du grand poète Antoni Słonimski, en polychromie.

Antoni Słonimski

Antoni Słonimski

En 1944, la façade fut miraculeusement sauvée et ce jusqu’au toit. Voilà pourquoi vous pourrez admirer le portail original du XVIIème

Immeuble Pod Bazyliczekiem Nr5

Immeuble Pod Bazyliczekiem Nr5

Nr5. Actuellement ce que l’on voit est une façade datant du XVIIIème siècle, mais les origines de cette maison remontent au XVème.

Au XVIII un comptoir bancaire occupait ses murs qui était tenu par un homme d’origine française : Piotr Riaucourt.

Bien que l’immeuble subit de grands dommages en 44, la façade resta intacte.

En ce qui concerne les quatres autres maisons de ce côté je me ferai un plaisir de vous les faire connaître, lors de ma visite de la Vieille Ville chaque samedi et dimanche. gillesrpl@yahoo.com – portable : 500081928 (Varsovie)

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LA CLASSIQUE DES CLASSIQUES (Suite IX)

par Gilles Renard, votre guide, pour Varsovie et sa région. Tel : 500081928

La rue Nowomiejska – Barbakan- à l’angle de la rue Nowomiejska et la rue Powale…

Dès le XVème la rue était entièrement construite. Après la Deuxième guerre l’on a découvert un portail gothique que l’on peut désormais admirer au numéro 5.

Portail ogival au numero 5   Portail ogival au numero 5

Bien que certains immeubles possèdent certaines traces du XVème, le style qui prédomine dans toute la rue date du XVIIIème.

Jusqu’à la fin du XIVème  se trouvaient à la place de cette rue les Bains de la ville que fréquentaient même les Ducs de Mazovie qui habitaient, alors ,le Château royal.

numero 11                      numero 11

Au numéro 11 habitait, au XVII ème et pendant la peste de 1624, le maire de la Ville, Lukasz Drewno.

Lukasz Drewno           Lukasz Drewno

Au numéro 1 habitait un personnage que nous connaissons bien puisque l’un des côtés de la Place de la Vieille Ville porte son nom : Jan Dekert.

Au numéro 3 c’est un autre personnage important et célèbre dans l’histoire de la Ville qui logeait là : l’évêque Józef Jędrzej Załuski (1702-1774). Il fut le co-fondateur de la célèbre bibliothèque de Varsovie.

L'eveque J.J Załuski               L’eveque J.J Załuski

L’immeuble le moins touché par la Deuxième guerre mondiale se trouve au numéro 10. A l’intérieur l’on peut admirer une très belle cage d’escaliers de 1800.

barbacane                         barbacane

Cette barbacane est l’un des monuments les plus connus de Varsovie. Une multitude de cartes postales la représentent sous tous les angles. Elle date du XVème siècle et son architecte n’est autre que Jean Baptiste de Venise. Elle est l’une des quelques barbacanes que contient encore l’Europe. Celle que nous avons sous les yeux est une reconstruction de 1953-54. A la sortie de cette barbacane je vous propose de faire une pause dans un petit restaurant bien particulier – un bar à lait – qui se trouve sur votre droite. Il est situé dans l’ancien corps de garde du Maréchal. A l’intérieur vous pourrez admirer des poutres décorées de motifs populaires.

A l’angle de la rue Nowomiejski et Podwale se trouve un bâtiment où se trouvait au XIVème siècle le premier hôpital de Varsovie : l’hôpital du Saint-Esprit. Le bâtiment actuel date du XVIIIème siècle. Puis à côté l’église des Pauliniens construite en 1699 et 1717.

Eglise des Pauliniens   Eglise des Pauliniens

Et juste à l’angle de la rue Freta et Długa ( numéro 1) voilà la plus petite maison de Varsovie, transformée depuis des lustres en kiosque à journaux, mais possédant jsuqu’à aujourd’hui son propre numéro au cadastre. Elle date du XIXème siècle, mais fut reconstruite après la Seconde guerre mondiale.

La plus petite maison de Varsovie au numero 1 de la rue DługaLa plus petite maison de Varsovie au numero 1 de la rue Długa

La rue Freta. Dès le XVI ème siècle s’érigeaient dans toute cette rue des maisons en bois. Puis dans la moitié du XVIIIème siècle et du début du XIXème elles furent remplacées par des immeubles en pierre.

Son numéro 1 est un immeuble datant du XVIIIème, érigé pour le Président de la Vieille Ville Jan Feliks Dulfus. Auparavant se trouvait la plus vieille maison en pierre de la rue Freta datant de 1525.

numero 4 Dulfus                          Dulfus

immeuble de Maraszewski   immeuble de Maraszewski

Le numéro 5 appelé L’immeuble sous Samson a lui aussi été construit en 1770 pour un des présidents de la Vieille Ville, Jakub Maraszewski.  Au XIXème siècle lorsque Varsovie appartenait à la Prusse se fut le grand romantique Ernest Teodor Amadeus Hoffman qui y prit ses aises.

Ernst Theodor Amadeus Hoofman  Ernst Theodor Amadeus Hoffman

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LA MUSIQUE N’ADOUCIT PAS LES MOEURS…

IL ETAIT UNE FOIS…

Dernièrement j’ai eu à faire visiter Varsovie à des Normands de passage dans la capital. Ils m’ont téléphoné, au pied levé, et après avoir raccroché je suis immédiatement allé les chercher à leur hôtel : le Continental, au 49 de la rue Emilie Plater. Ils m’attendaient dans le hall et l’un d’eux avait dans ses mains un CD de jazz. J’ai donc commencé ma visite de Varsovie par un : „Il était une fois…” Car, dans le hall de cet hôtel, ou plus exactement à la place de ce hall il y avait un club de jazz connu, parmi les initiés du monde entier. Et dire que tout ça a commencé lorsque les communistes détenaient encore le pouvoir…

Le club de jazz Akwarium

     Le club de jazz Akwarium

En effet, c’est dans les années 70 que ce club, appelé « AKWARIUM », ouvre et dès l’ouverture connaît un succès foudroyant. Mais ce fut surtout grâce à un homme, un animateur de génie, Mariusz Adamiak, que l’explosion de popularité aura lieu a tel point que tous les grands du jazz qu’ils furent polonais ou étrangers viendront y jouer.

Le génial homme de spectacles

       Le génial homme de spectacles

L’endroit ne payait pas de mine et se situait dans l’un des pavillons reconstruits après la guerre, juste en face de cet énorme et monstrueux Palais des Arts et des Sciences construit sous les ordres de Staline en personne.  Dans ce Palais il y avait notamment un restaurant – le plus luxueux d’alors – uniquement pour les hauts dignitaires du régime et juste en face de ce restaurant ce club de jazz où les jeunes « dissidents » venaient s’échapper de la réalité de plomb du communisme. Là, à la place de l’hôtel Continental, exactement à cet endroit même vivait alors intensément un îlot de la subversion culturelle et politique – car tout ce qui venait de l’Ouest était perçu comme persona non gratae par le régime en place…

le "petit" cadeau de papa Joseph

 le « petit » cadeau de papa Joseph

Cette aventure aura duré jusqu’en l’an 2000. Date à laquelle un promoteur écrasa d’un coup de « chèque » cette aventure mélomaniatique. Rien n’y fit : ni les pétitions que l’on appelerait aujourd’hui citoyenne, ni les interventions de l’étranger. Car cet endroit était sacré pour tous les amateurs de jazz du monde entier ou des pros comme Pet Matheny, Tony Williams et une foule d’autres encore. Mais les élus de la ville ne suivirent pas comme ils l’avaient fait pour la ville de Paris et le Fouquet’s…

Et depuis 2003 je vais parfois chercher certains de mes clients à l’hôtel continental là où pendant 24 ans je serai venu boire une bière arrosée de beaucoup de vodka, pour écouter et voir des jazzmen de tous les coins du monde tels que Ronald Shannon Jackson. Alors le monde ne s’est-il pas, au 49 de la rue Emilie Plater, plutot rétréci qu’agrandi ?

Ronald Shannon Jackson

                    Ronald Shannon Jackson

P.S : En 2007 le club s’est rouvert, juste à côté, dans un espace commercial (sic). C’était hyper luxueux mais l’âme n’y était plus et « les anciens piliers avaient perdus leur « foie » » et le jazz s’en alla voir ailleurs si nous n’y étions pas…

Gilles Renard – guide certifié : gillesrpl@yahoo.com – portable : 500081928

Je vous propose de multiples variantes de visites guidées thématiques ou plus générales. Il va de soi que vous pouvez vous-mêmes proposer vos thèmes ou attentes et je me ferai un plaisir d’y répondre au mieux. Quelques exemples d’offres de visites guidées thématiques:

–          Le Varsovie de l’Entre-deux-guerres

–          Le Varsovie maçonnique d’hier à aujourd’hui

–          Le Varsovie français et Napoléon

–          Le Varsovie de la Seconde Guerre mondiale

–          Le Soulèvement de Varsovie

–          Le Varsovie des Arts et des Lettres

–          Le Varsovie communiste

–          Le Ghetto et son soulèvement

–          Les cimetières civiles et militaires

–          Chez le dernier Roi de Pologne

–          La demeure princière d’un roi gentilhomme

–          Chopin et Varsovie

–          Les églises, cathédrales et basiliques de Varsovie

–          Les palais varsoviens

–          Les grands architectes polonais et étrangers de Varsovie

–          La Vieille ville et ses secrets

–          Pour le plaisir des yeux, des oreilles et du palais…

Etc…

Gilles Renard – guide certifié : gillesrpl@yahoo.com – portable : 500081928

 

LA « VOILE » QUI SE DEGONFLE…

A LA „VOILE” ET A LA VAPEUR

Juste à côté de l’Hôtel Continental et à deux pas du Palais de la Culture et des Arts s’élève le plus haut immeuble de Varsovie. Celui-là c’est pas peu dire qu’il gratte le ciel. Son adresse fait rêver jusqu’aux plus démunis : 44, rue Złota [rue de l’Or]. Cet immeuble a donc bien pignon sur rue et porte « hautement » son adresse, vu que son mètre carré, qui n’arrête pas d’augmenter depuis sa construction en 2008, atteint aujourd’hui la bagatelle de 20.000 euros…

La "Voile"

La « Voile »

La « Voile », voilà comment les Varsoviens prénomment cette embarcation immobilière ou plus tôt cette emmercadère immobilier qui aura depuis 8 ans traversée bien des vents et des marées. Son architecte, le célèbre Daniel Liebeskind, s’était pourtant, paraît-il, inspiré de  l’aigle polonais, symbole de la Pologne, mais le gouvernail n’a pas tenu le cap, a perdu le Nord ; son capitaine ayant certainement un coup dans l’aigle et cette « Voile » de verre, tel le Titanic est venue s’échouer  sur notre pavois  varsovien. Une fois hissée tel un énorme spinaker soufflant – tant bien que mal – sur Varsovie elle était prédestinée, selon son créateur, c’est-à dire son capitaine : maître après Dieu, pour en être sa carte de visite. Telle une Tour Eiffel du XXIème siècle. On tire les bordées qu’on peut au paradis des nains. Et cette « Voile » dès que les drisses financières se mirent en branle dévoila son plan de navigation : éclipser l’ombre du Palais de la culture et des sciences, cachalot de l’époque stalinienne dont tous les pouvoirs municipaux et les gardes côtes de l’histoire n’ont jamais su quoi faire. L’on s’aperçut alors que ces drisses n’étaient que de basses verges.

Après avoir détruit le premier centre commercial de la capital, construit en 1989, après l’émersion en eaux claires du sous-marin, surnommé « démocratie », qui n’aura survécu que deux ans les tempêtes du marché libre et la concurrence en haute mer, les travaux commencent 9 ans plus tard. Car si on sait quand on largue les amers en Pologne on ne sait jamais quand les amers nous larguent.

Donc 2008 et « souque matelot » ! Et dès le début ce Titanic envasé dans le marécage varsovien connaîtra un douze à l’échelle de Beaufort. Voilà pourquoi le premier investisseur y échoua en 2014.  Les Varsoviens le prirent à l’abordage quand il déclara tout de go qu’ils ne seraient pas du voyage pour décider si ce projet du fond des marécages de l’océan argentic  devaient leur plaire ou non. Il n’était, déclara-t-il pompeusement, que le capitaine de ces hypothétiques acheteurs : 266 mousses, matelots et officiers qui n’avaient pas encore eu le coeur de déserter de cette embarcation qui commencaient  à prendre l’eau, c’est-à dire 266 acheteurs-naufragés prêts à mettre sur le pont 20.000 euros pour un mètre salé.Le peuple varsoviens – via notamment les internautes, cosmonautes de la stratosphère ayant les pieds sur terre et aussi le pied marin – lui répondirent d’un même coup de gouvernail, par cet SOS: Ta carte de visite où l’on pense et ton fric et tes clients d’abord ! Cela lui fut fatal : il coula sans avoir atteint les côtes de son paradis fiscal…

Et nous, Varsoviens, depuis toutes ces marées, nous en avons non seulement le mal de mer mais le torticolis à force de regarder le haut du mât de cette « Voile » de verre de 192 mètres  et de ses 54 étages toujours en construction. Il faut pas nous prendre pour des ponts bien que l’on ait pris de la drive bouteille les noeuds des années du naufrage aidant.

Puis le vent du large souffla, comme toujours, où et à la force qu’il voulut et un nouveau promoteur investisseur ou investisseur promoteur – on ne sait plus s’il investit ou s’il promet – nous a déclaré, à nous habitants de cette île déserte qu’est Varsovie pour lui qu’il va construire une piscine de 25 mètres. Celle-là au moins ne connaîtra pas les affres des marées déferlantes, un sauna, un spa n’est-ce pas ? et même un bar, un bar de haut luxe. A cette dernière proposition éthylo-maritime il y eut du tangage dans l’entre-pont des Varsoviens on nous promettait donc autre chose que de l’eau salée dans le gosier. On commençait à peine d’être content dans nos bars populaires en goguette, mais on a vite battu de l’aile, nous les amateurs de boissons fortes. Le poisson était pourri et n’eût même pas le mérite d’avoir été pêché un mois d’avril : ce promoteur a vraiment perdu son compas,  il réserve sa piscine ,son spa, mais pire son bar aux seuls 266 moussaillons , matelots et officiers de son équipage.

Alors donc nous, les Varsoviens, qui n’avons le pied marin que pour une mer de vodka nous allons nous contenter de vider sur le plancher des vaches notre petite vodka fraîche, accompagnée d’une sardine en conserve venant du pays des Soviets, dans nos bars à nous, nos bars de pauvres ou de riches qui n’ont aucunement peur de boire avec tous le monde et non pas seulement entre voisins de paliers.

Comme vous le voyez la « Voile » n’est pas encore prête à prendre le grand large de la confrérie des loups de terre qui sait elle faire du soulot à tous les étages de la société varsovienne.

P.S : Son capitaine et ses matelots sont vraiment des enfants de… On se marre sous notre mâture ses demi-sel du savoir-vivre en seront  pour leur fret puisque ici, en Pologne, on a les mess(es) que l’on méritent !

De profundis alcoolibus

Gilles Renard — guide certifié : gillesrpl@yahoo.com
portable : +48500081928 (Varsovie)

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BACH OU L’ORDURE RECYCLABLE

BACH CETTE  » BELLE » ORDURE SUR LES DECOMBRES

Si vous venez à Varsovie, ce que je vous souhaite de tout cœur, car c’est une ville qui restera gravée dans votre mémoire, à tout jamais, vous serez à coup sûr étonnés à quel point la guerre est présente. Jusqu’à aujourd’hui l’on en voit les traces sur les façades de certains immeubles, transpercés comme du gruyère de rafales de mitrailettes, mais pas seulement.

Les restes du chateau royal 1944

Les restes du chateau royal 1944

En effet, ce furent toute la Vieille Ville et le château royal qui furent détruits dans leur totalité et pour le reste de la ville ce ne fut pas mieux, puisqu’à la fin du soulèvement il n’en restait plus qu’une infime partie. 84% de la capitale n’existait plus après les deux mois que dura le soulèvement. Et les pertes matérielles furent estimées après guerre à 45,3 Milliard de dollars. Quand aux nombres de victimes on l’estima à environ 200.000 hommes, femmes, enfants, vieillards qui furent massacrés, brûlés, exécutés, violés, assassinés.

Deux insurges polonais 1944

Deux insurges polonais 1944

Car les Polonais devaient disparaître pour assurer la suprématie de la « race » des saigneurs qui considéraient les Slaves comme une « sous race », une « race inférieure ». Donc tout devait ne plus exister dans la capitale de l’ancien royaume de Pologne, y compris cette capitale elle-même. Himmler vit d’ailleurs comme une aubaine le soulèvement des Varsoviens, le 1er août 1944, alors que Hans Frank, gouverneur de Cracovie n’arrêtait pas  par radio de marteler à Hitler:  « Mes Polonais ne se révoltent pas ».

Et bien, au même instant, il en était tout autrement dans la capitale polonaise et les forces d’occupation allemande qui y avaient pris leur quartier connaissèrent dans les premiers jours de cette insurrection armée, un véritable crépuscule des gueux. Au Palais Brühl, quartier général des forces d’occupation les « Saigneurs » en avaient perdu jusqu’à leurs baionnettes, cernés par les insurgés polonais ils n’avaient même plus le temps de répondre à la radio du « Nid d’aigle » où Hitler demandait plus de précisions sur la situation. L’aigle teuton prenait du plomb dans l’aile. Pour calmer son Führer, le CracheFührer Himmlerqui s’était empressé d’aller le rejoindre sur son rocher ( n’oublions que le 20 juillet Hitler avait été sonné par un attentat contre sa propre personne organisé par quelques-uns de ses généraux) lui dit : « Mon Führer, le moment est mal choisi. Mais d’un point de vue historique il est une bénédiction, que ces Polonais fassent cela. En l’espace de quatre – cinq semaines l’on va les vaincre, et alors Varsovie – capitale, cerveau et intelligence de cette nation polonaise de 17 millions – sera détruite. Ce peuple, qui depuis 700 ans nous barre la route vers l’Est et depuis la bataille de Tannenberg (Grünwald) est perpétuellement sur notre route. Alors ce problème historique pour nos enfants et pour tous ceux qui viendront après nous, et même pour nous – n’existera plus ». Cette vision apocalyptique ne put que plaire à cette fureur en « Führer », mais qui allait-on prendre pour réaliser ce que les « Saigneurs de tétons » appelèrent, par euphémisme, une opération sanitaire ? L’oreille droite de « Heil Fureur »  n’écouta point Guderian qui voulait que la neuvième armée s’occupa de la juridiction de Varsovie, quant à son oreille gauche le tympan pan en avait été percé lors de l’attentat du 20 juillet.   Plus que foi et confiance aveugle dans le Reichfureur Himmler et ses sado-sadiques, les SS.  Pour ce crépuscule des gueux sur Varsovie il appela à la rescousse une de ses bandes devieux  bandits et bourreaux : Erich von dem Bach- Zelewski, Oskar Dirlewanger et Bronislas Kaminski. Cette bande des trois venaient de réaliser : massacres, viols, vols, pogroms en Bielorussie, rien ne l’arrêterait .Ce qui fut dit fut fait avec la bénédiction de papa Joseph qui donna l’ordre d’arrêter la marche de ses troupes sur l’autre berge de la Vistule, pour mieux jouir du panorama de Varsovie en feu et sa population en proie au plus atroce des massacres d’une population civile lors de la seconde guerre mondiale.

Von dem Bach

Von dem Bach

Oscar Dirlewanger

Oscar Dirlewanger

Bronislaw Kaminski

Bronislaw Kaminski

Chose curieuse lors du procès de Nuremberg aucun des sbires de cette bande des trois ne furent jugés pour leur exactions. Dirlewanger tomba avant entre les mains de partisans polonais. Kaminski fut liquide par Von dem Bach qui sentait déjà que le vent tournait vers l’Ouest et quil fallait mieux tourner ses bottes de cavalerie vers « les Alliés » que vers son ancien patron Adolf. Il mourut tranquillement, le 8 mars 1972, sans avoir été jugé pour crime contre l’humanité.  Mais auparavant il aura eu le temps d’être nommé au procès de Nuremberg : témoins à charge contre ses anciens supérieurs hiérarchiques – Herman Göring, Himmler et consorts. Le pseudo chevalier péton avait l’art  de tourner casaque cee qui fit dire à Göring assis lui, comme de juste, au banc des accusés : « Il était le plus horrible meurtrier dans ce système damné. Il a vendu son âme pour sauver sa pauvre tête. Fils de pute. Traître… ».

von dem Bach

von dem Bach

Ce criminel en épaulettes ne fut ni un idéaliste parmi les « Saigneurs », ni un militaire à l’obéissance chevillée à son corps défendant, non il ne fut rien de tout cela, il n’était qu’un lâche qui n’alla jamais au combat (il se faisait toujours porter pâle quand il y avait l’épreuve du feu), une parodie de junker chevaleresque, par contre il était un grand carriériste c’est-à-dire que pour l’argent et les honneurs il marchait au sifflet et ce de n’importe qui. La guerre n’est jamais propre, mais un homme d’honneur sait la faire proprement, pas lui, malgré tous les honneurs qu’il quêta à califourchondurant toute sa carrière. Mais arrêtons nous là, en ayant une pensée à tous ces Von dem Bach qui aujourd’hui se promènent parmi nous et concluons par cette formule du peuple polonais reprise ensuite par son grand poète Zbigniew Herbert : « Seule la merde ne coule pas ».

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LA SIRENE DE VARSOVIE

L’IMMORTELLE SIRÈNE

Le 1er août 1944 éclatait le soulèvement de Varsovie. Et le 2 août les insurgés attaquèrent simultanément différentes positions et bâtiments dans les mains des Allemands. Notamment la tour d’assurance « Prudential » – le plus haut immeuble de Varsovie de l’époque – place Napoléon, la centrale électrique à Powisle (sur les bords de la Vistule), des entrepôts d’uniformes et de vivre, l’Institut militaire de géographie, le Palais Bruhl, quartier général du gouverneur de Varsovie, Ludwig  Fischer et le Palais Saski où se trouvaient les bureaux du général Stahael et la gestapo, aleja Szucha [allée Szuchy] au 25 où se trouve actuellement le Ministère de l’Education, mais aussi le Musée de la Lutte et du Martyre, ainsi que la Maison de la Presse, rue Polna. Parmi les insurgés se trouvait une jeune femme de 30 ans, étudiante en ethnographie et poétesse. Elle avait d’ailleurs avant l’heure H. et le jour J. de l’insurrection écrit cette chanson célèbre que tout le monde chantait alors : « Hé les gars, baionnette au fusil ! Une longue route, loin devant nous, hauts les coeurs, et dans une main une carabine, et dans l’autre une grenade ». Dès l’assaut elle n’aura eu ni le temps de tirer ni de dégoupiller sa grenade ; elle tomba de trois balles dans la poitrine, alors qu’elle tentait de sauver un compagnon d’armes blessé. Elle s’appellait Krystyna Krahelska et son nom de soldat de l’Armée Nationale était : Danuta.

Krystyna Krahelska

           Krystyna Krahelska

Cinq ans plus tôt elle avait servi de modèle pour la grande artiste – Ludwika Krakowska-Nitschowa – qui, pour la ville de Varsovie, réalisait une nouvelle Sirène, emblème depuis la nuit des temps de la capitale. L’artiste fit non seulement une copie célèbre du visage de la jeune fille, mais elle lui donna une force, une énergie et accentua encore ses traits slaves. En effet, en accord avec le maire de Varsovie d’alors, voilà  quels étaient ses intentions : « Nous étions déjà en 1938. J’ai laissé de côté les conceptions qui dominaient à l’époque dans la capitale à propos de la sirène, je voulais en effet par cette statue transmettre une vision de force et de défense de la ville. » En effet, l’Allemagne et le chancelier Hitler se faisaient de plus en plus menaçant. « Mon premier projet : la silhouette d’une femme en verre émergeant de la Vistule. Cette statue aurait été l’accent dominant dans le panorama de Varsovie. Haute de 20 mètres, le soir éclairée de tout côté. »

La sirene de Varsovie

           La sirene de Varsovie

Malheureusement les temps n’étaient plus aux dépenses somptueuses – la guerre menaçait – et l’on s’en tint à une statue de 4 mètres de hauteur, érigée sur l’une des berges de la Vistule. En 1939 l’érection se fit sans aucune cérémonie officielle qui accompagnait normalement ce genre d’événements historiques ; aucune présence d’une parade militaire, par exemple. Pourquoi ? Car la situation politique, notamment et surtout avec l’Allemagne, n’était que trop tendue et le g ouvernement polonais ne voulait surtout pas que cette érection fut considérée comme une provocation aux yeux des Allemands. Et ce fut donc un beau matin d’avril que les Varsoviens découvrirent, comme par enchantement, leur nouvelle sirène, sur les bords de leur Vistule ; ce fut un peu comme si celle-ci venait de prendre aon bain et se sèchait maintenant au soleil d’avril. Son socle même n’était pas terminé ce qui n’empêcha pas les Varsoviens de la chérir illico, elle qui portait fièrement, mais sans ostentation, sur son bouclier l’aigle polonais.

Cinq mois plus tard l’Allemagne envahissait la Pologne et la ville de Varsovie édita en masse un appel à la mobilisation ; comme il se doit la sirène estampilla ce document.

La sirene de Varsovie sur les bords de la Vistule

  La sirene de Varsovie sur les bords de la Vistule

Elle aura « survécu » à la destruction de Varsovie et assister à la renaissance de la ville. Les poètes et la beauté ne sont-ils pas immortels ?

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JAN KOCHANOWSKI OU LE POETE POLONAIS PAR EXCELLENCE

Czarnolas

                                Czarnolas

Lorsque l’on arrive à Varsovie il y a tant de choses à voir – et à goûter, sans parler de tout ce qu’il y a à boire – que l’on en oublie d’aller chercher aux alentours. Si tel n’est pas le cas, le touriste n’ont conseillé par un guide de qualité arrête son choix sur les itinéraires les plus conventionnels et passe « à côté » de Czarnolas [La forêt noire], par exemple. Il y a là-bas notamment une très jolie campagne et la maison du plus grand poète de la Renaissance, égal, et même pour certains dont je fais partie, supérieur à Ronsard, son contemporain. Il se nomme Jan Kochanowski.

Jan Kochanowski                                                             Jan Kochanowski

A « Czarnolas » qui se trouve au sud-est de Varsovie, vous pourrez vous reposer des bruits et de la fureur de la capitale polonaise et jouir du calme de cette gentilhommière transformée en musée, à la mémoire du poète. Cinq ans après sa mort, en 1585, ses oeuvres complètes parurent et l’on peut dire que les siècles qui se seront écoulés, n’ont aucunement démenti ce succès.

D’où vient sa grandeur ? Sa langue, pour toute classique qu’elle soit, à plus de nerf et d’invention que celle de Ronsard ; chez lui , jamais aucune facilité stylistique et sa syntaxe est pure et translucide tel un cristal en fusion. Ce poète restera à tout jamais l’un des plus grands lyriques :

Je chantonne pour les Muses. Car celui qui est sur terre,

Voudrait-il faire taire son coeur avec mes chants ?

Qui ne veut pas en ce moment n’avoir en vue que le profit

Attrapant des sous de tous côtés, et choses semblables

Car avec les rimes quel profit hormis celui d’un son vain

Mais celui qui a de l’argent, a tout en main

Pour lui le pouvoir, pour lui le droit et les places ;

Il est gommeux, il est beau parleur, il a des ancêtres en tout lieu

Ne t’étonne donc point que les hommes se piétinent pour de l’or

Et le poète, sans auditeur, lui, chante dans le désert…(La Muse – Trad. Gilles Renard)

 Si, étant à Varsovie, vous n’avez pas le temps de vous rendre à « Czarnolas », alors sur la place du château royal et dans la cour intérieure, ayez une pensée pour le poète. Il ne se retira sur sa terre de Czarnolas que fort tard. Comme tout humaniste de cette époque la chose publique ne lui était pas indifférente. Il devint même secrétaire du Roi Sigismond Auguste et travailla au château, dans les années 60. Sa vie de cour durera onze années. Fatiguée par des querelles intestines et décu de n’avoir pu faire mieux pour le royaume il revint à Czarnolas où il mena la vie d’un gentilhomme campagnard. Ses vieux jours furent assombris par la mort de sa fille, Ursula, ce qui lui inspira de très beaux vers :

Ma douce Ursula, que n’étais- tu pour moi

Ou tu n’es pas morte ou tu n’es pas née !

Maigre consolation je pleure un grand chagrin

Pour tes adieux si mal à propos. (Chant funèbre XIII- Trad. Gilles Renard)

Jan Kochanowski et sa fille Ursula

Jan Kochanowski et sa fille Ursula

tout comme le sort de son pays d’où ses vers qui sonnent pour nous, Polonais, comme prémonitoires :  en Pologne « aucun droit ne vaut, aucune justice n’a sa place ». (Réplique des députés grecs – trad. Gilles Renard)

P.S : Pour ceux qui voudrait se délecter de la poésie de Jan Kochanowski, en français, qu’ils soient reconnaissants aux Editions de la différence d’avoir publié cet ouvrage : La Vie qu’il faut choisir, trad. Alice-Catherine Carls, La Différence, « Orphée », 1992

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L’EMPEREUR EST PLUS QUE JAMAIS LA A VARSOVIE

LE MAITRE, LE VALET ET LE GARDE DU CORPS

En cette nuit du 18 décembre, il fait un froid de canard sur toute la Pologne. La neige s’entasse en congères contre de pauvres masures, faites de planches de bois et de torchis. Ces deux cavaliers « fançais » qui arrivent de Poznan ont bien eu le temps de constater que ce que Talleyrand, ministre des affaires étrangères depuis des lustres, disait est vrai alors que sa voiture avait versé : « Je vous réponds, écrvait-il, désabusé, à Mme de Rémusat, du milieu des boues de la Pologne. Peut-être, l’année prochaine, vous écrirai-je des sables de je ne sais quel pays. Je me recommande à vos prières ».  Murat et Davout sont déjà là, depuis quelques jours à peine, sur place, à Varsovie, ainsi que le Prince du Bénévent, toujours envoyé en avant-garde pour négocier avec l’aristocratie en place.

Le prince de Talleyrand- Perigord - Ministre des Affaires etrangeres.

Le prince de Talleyrand- Perigord – Ministre des Affaires etrangeres.

Cette aristocratie polonaise qui tremble. Elle tremble, car contrairement au peuple, qui comme toujours n’a rien à perdre, elle se demande si le « libérateur » ne va pas la laisser en plan et foncer droit vers l’est, sans établir pour elle des garanties qui ne lui feront pas revenir les Prussiens qui viennent de fuir comme des rats avant l’entrée, des poilus français « en » Varsovie. Nous sommes en 1806. Contrairement à ce que certains pourraient penser : ce n’est pas si loin que ça.  Il fait froid cette nuit du 18 décembre. Très froid. Mais un homme, que le monde regarde, admire, ou craint est seul avec son garde du corps sur la « route » qui mène à Varsovie en partant de Poznan. Poznan où il a rencontré des Polonais, qui, comme un seul homme on dit oui à la France, on dit : oui à l’Empereur des Français et constituent des Légions de Polonais pour aider la France dans sa grande « oeuvre » civilisationnelle. Oui, l’Empereur est seul, enfin presque car il a à ses côtés son fidèle mamelouk: Roustan Raza.

Roustan Raza, le mamelouk de Napoleon

Roustan Raza, le mamelouk de Napoleon

Pense-t-il  déjà à la Constitution qu’il va proposer aux Polonais ? Elle diffère, et il le sait parfaitement, de leur Constitution du 3 mai, mais il est non seulement, tout comme son garde du corps, un guerrier remarquable et exemplaire : il est un chef d’état et sait que les rêves en politique ne se réalisent au mieux qu’à moitié et même au trois quart. Son « valet », le Prince de Talleyrand-Périgord aura beau eu lui dire : « ils (les Polonais) réunissent  toutes les qualités dangereuses des autres peuples » en sous-entendu ils ne savent pas se gouverner eux-mêmes ; ce qui en politique est un défaut, sur le champ de bataille est une qualité et la Pologne, il le sait, donnera son sang pour elle et la France.

Napoleon Ier

Napoleon Ier

Son mamelouk et lui arrivent sur ce qui est aujourd’hui la Trace W-Z; ils voient tous les deux l’église où furent inhumés, après bien des vicissitudes, le roi Jean Sobieski et Marysienka de Gonzague, son épouse,,Roustan Raza, musulman, en a deja vu beaucoup de croix depuis que libéré de son esclavage il a suivi Napoléon dans toutes ses campagnes, mais il n’y porte aucune attention, car, lui, comme son maître, ne pense qu’à atteindre le château royal… pour enfin dormir. L’empereur des Français et le maître du Monde ne veut aucune cérémonie, aucune rencontre, il sait que la partie sera difficile, son armée est pour lui, le peuple français est pour lui, mais sa police, Fouché, et Talleyrand, beaucoup moins. Lui et son « garde-du-corps », le musulman, le mamelouk, Roustan Raza, sont seul fidèle, celui qui se ferait tuer pour lui arrivent à la Porte de Cracovie, l’ombre de la colonne et satue Sigismond, le roi très catholique  tombent sur eux.

La porte de Cracovie

La porte de Cracovie

Napoléon, contrairement à son prince de Talleyrand, ne s’intéressait pas trop à l’histoire lorsqu’elle ne lui livrait pas des clés immédiates pour l’avenir de la France, de l’Europe et du monde, il n’y porte sans doute pas une très grande attention, alors que son Mamelouk a du lever la tête vers ce guerrier portant dans la main gauche son sabre et dans la droite la croix du Christ. Mais l’heure pour lui n’est pas aux divagations mystiques il faut prendre soin de son maître et libérateur, les chemins boueux, fangeux, qu’ils auront traversés les auront fatigués. Ils viennent de laisser derrière eux le Palais Tepper. Le seul palais à Varsovie qui contient encore des meubles à la française et que  le Prince du Bénévent n’aura pas manquer d’occuper. Il y a d’ailleurs de la lumière, au premier étage, l’étage noble, et l’Empereur, qui connait sur le bout de ses doigts son ministre des Affaires étrangères, sait parfaitement que celui-ci après avoir travaillé comme un forcené toute la journée, pour recevoir notamment ses informateurs, ses agents de change, jusqu’à 5 heures du matin jouera, et gros, au whist, Napoléon ne veut pas s’arrêter là. Napoléon veut se reposer en toute sécurité, près de son Mamelouk, son fidèle serviteur. Tous les deux rentrent sous le porche principal du château royal. Le château a été déserté par les Prussiens et le garde francais n’en croit pas ses yeux. L’empereur lui intime l’ordre de ne rien dire et, au premier étage, à l’étage noble, il s’endort ayant à un mètre de lui, son fidèle mamelouk, le musulman ; le seul, dont il avait une confiance absolue quant il s’agissait de sa propre vie.

Napoleon et le Royaume de Pologne

Napoleon et le Royaume de Pologne

Le » lendemain » la machine infernale du pouvoir reprendra son cours ; l’histoire nous est connue et il ne vaut pas la peine que je la relate.  Par contre, une dernière chose : Varsovie n’a qu’une statue de Napoléon. Une seule, alors que la Pologne a tant vibré aux accents napoléonniens. Une seule statue qui d’abord en 1923 fut inaugurée par le maréchal Foch, ensuite détruite pendant la guerre et, grâce aux Francais de Varsovie, à l’Ambassade de France, érigée, en présence du Président de la République en 2011. Napoléon a gagné au bout du compte …

Staute de Napoleon- Varsovie

Statue de Napoleon- Varsovie

il est là et nous regarde toujours , de toute sa hauteur et semble  nous dire : serez-vous digne, aujourd’hui, d’être encore Français!

P.S : Pour ceux que ca interesse – Remarquable ouvrage de  Emmanuel de Waresquiel : « Talleyrand le prince immobile » Fayard

gillesrpl@yahoo.com – portable : 500081928 (Varsovie)

Je vous propose de multiples variantes de visites guidées thématiques ou plus générales. Il va de soi que vous pouvez vous-mêmes proposer vos thèmes ou attentes et je me ferai un plaisir d’y répondre au mieux. Quelques exemples d’offres de visites guidées thématiques:

–          Le Varsovie de l’Entre-deux-guerres

–          Le Varsovie maçonnique d’hier à aujourd’hui

–          Le Varsovie français et Napoléon

–          Le Varsovie de la Seconde Guerre mondiale

–          Le Soulèvement de Varsovie

–          Le Varsovie des Arts et des Lettres

–          Le Varsovie communiste

–          Le Ghetto et son soulèvement

–          Les cimetières civiles et militaires

–          Chez le dernier Roi de Pologne

–          La demeure princière d’un roi gentilhomme

–          Chopin et Varsovie

–          Les églises, cathédrales et basiliques de Varsovie

–          Les palais varsoviens

–          Les grands architectes polonais et étrangers de Varsovie

–          La Vieille ville et ses secrets

–          Pour le plaisir des yeux, des oreilles et du palais…

Etc…

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NOTRE AMBASSADEUR SANS AMBASSADE

Bien qu’il porte deux noms de famille l’on se sent toujours chez lui comme chez nous  et vice et verse : encore un verre !. Après lui avoir serrer la pince on n’a nullement besoin de compter nos doigts, car lui qui a le coeur sur la main nous met toujours un verre dans la nôtre. Que cela soit un verre de blanc ou de rouge, que cela soit un clairet ou un grand cru son savoir qui a pris de la bouteille au fil de ses recherches vinicoles nous transporte de la rue Wilcza dans le Languedoc Roussillon puis, sans crier gare, mais toujours  à notre  santé, dans le pays des Ducs de  Bourgogne en étant passé par le Bordelais. Grand cuisinier, quai de la Tournelle à Paris, il est un grand sommelier, rue Wilcza, à Varsovie. Il ne lui suffira que d’un mot pour vous mettre le vin à la bouche et devant le fût accompli…

Philippe de Givenchy

Philippe de Givenchy

Moi qui suis un buveur de Vodka sachant tout de même reconnaitre un médoc d’un bourgogne aligoté ou un saumur champigny d’un côte du rhône à chaque fois que je descends les quelques marches de sa cave – car pour lui le passage des cuisines à la cave n’aura pas été une déchéance mais un blason de plus à ses lettres de noblesse oenologiques – je suis, je me sens au royaume de France, dans le pré carré si cher à François Mitterrand, revu et corrigé par la République. Philippe, car tel est son prénom, me regarde de ses grands yeux candides et par une intuition guidée par son dieu Bacchus tend la main vers une bouteille – jamais la même. Il y a de l’alchimiste en  cet homme : il sait quel vin il vous faut selon vos humeurs du jour dit. Comment si prend-t-il ? Son secret réside à mon sens dans l’amour de ce qu’il nous offre. Car il ne nous vend pas du vin : il nous le donne. En cela rien en lui du bougnat, non il y aurait plutôt chez lui un côté vigneron sans vignes, dont les cépages reposent tranquillement dans cette cave aux petites dimensions porteuses d’infinies perspectives… Cette cave qui ,il y a vingt-ans était un sex-shop, il l’aura transformé de ses mains pour en faire non pas un antre des plaisirs malsains mais un havre de bien saines dégustations. On n’y rencontre plus que des culs… de bouteilles, sagement alignées tel  un énorme tableau de chasse ou seul le sang de la vigne coule…

Philippe et un cigare

Philippe et un cigare

Nous ne payons jamais Philippe de Givenchy pour ce vin qu’il nous donne, nous le remercions toujours pour les horizons qu’il nous ouvre en lui donnant quelques sous. Il y a non seulement de l’alchimiste en cet homme, français jusqu’au bout de la langue, mais aussi du poète.  Je sais qu’il est poète non pas à ses heures perdues, mais à ses heures retrouvées. Ayant habité rue de Verneuil, dans ma folle jeunesse j’eus parfois l’ occasion de boire avec des buveurs littéraires tels que Antoine Blondin, mais chez Philippe je me retrouve toujours dans une autre carafe : il n’est pas un buveur, mais un goûteur… Et c’est du bout des lèvres qu’il appréhende ses cuvées, son nez en saisi tous les bouquets et ses yeux toutes les robes. Il ne boit pas, il fait l’amour avec son vin qu’il chérit comme il chérit les vignerons avec lesquelles il travaille.  En cela il est un ambassadeur plénipotentaire du goût et du raffinement français. Pour lui, modeste comme pas deux, il faudrait inventer l’équivalent de la Légion d’honneur que nous pourrions appeler la Légion du cru…

Chaque fois que je passe sa porte, je le surprends en train d’expliquer à des clients polonais en quoi le vin de France est chose rare et précieuse. De son polonais « petit nègre » il a une telle force de convictions que je connais plus d’un Polonais qui ne jure que par le vin de Philippe – ainsi  nomment-ils les délicieux breuvages qu’ils acquièrent chez lui, et toujours de gaité de portefeuille, car, avec lui les plaisirs ne sont jamais trop chers. Ce dernier devient  qu’il le veuille ou non la vitrine du vin français dans l’une des capitales mondiales de la vodka. Il est d’ailleurs tellement du pays de Clovis qu’il nous propose des whiskies made in France. En sortant après des heures de son refuge vinicole je suis saisi d’un certain complexe : Philippe connaîtrait-il donc  mieux la France que moi…  (Dans quelques semaines, ce maître de chai est capable de me sortir une superbe vodka à la française, de derrière ses magots que constituent ses culs de bouteilles, j’en perdrais mon latin )  et ce qu’il y a d’admirable chez lui c’est qu’il en est l’incarnation sans qu’une ombre d’esprit cocardier ou chauvin ne vienne assombrir et « bouchonné » le doux breuvage de sa conversation…

Philippe et sa cave bien aime

Philippe et sa cave bien aimée

Si vous passez par Varsovie ne ratez pas cette cave et le maître des lieux, car avec lui qui par des raisonnements alambiqués arrivent toujours à des conclusions qui m’estomaquent, m’étonnent, me séduisent,  en tant que parfait gentilhomme, on peut  en sa présence parler sur tout sujet ; rien de l’esprit ne lui est étranger. Il vend tout autant du spirituel que des spiritueux. À une époque où de Paris à Tambouctou la rencontre entre deux hommes tournent plus souvent au vinaigre qui n’est même pas  de vin,  où l’esprit de bombance est miné par les bombes, et autres atrocités,Philippe, par sa seule présence au milieu de ses divines bouteilles, nous révèlent des instants à aimer en compagnie d’un autre homme et d’un verre à la main. Il ne prétend pas tenir la panacé du bonheur, il libère quelques douceurs par tous ses vins qu’il nous met en bouche. Voilà qui est peu et beaucoup à la fois.

C’est l’évidence, entre ses quatre murs de la rue Wilcza (trad. la rue du trou du loup) l’homme n’est plus un loup pour l’homme et Hobbes doit en attraper la gueule de bois. Pour moi, et je n’ai encore rien bu de la journée, c’est l’évidence : Chez Philippe de Givenchy  In vino veritas…

P.S : Il est aussi un grand connaisseur de cigares et sur ce thème là également ses réflexions ne sont jamais fumeuses.

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Je vous propose de multiples variantes de visites guidées thématiques ou plus générales. Il va de soi que vous pouvez vous-mêmes proposer vos thèmes ou attentes et je me ferai un plaisir d’y répondre au mieux. Quelques exemples d’offres de visites guidées thématiques:

–          Le Varsovie de l’Entre-deux-guerres

–          Le Varsovie maçonnique d’hier à aujourd’hui

–          Le Varsovie français et Napoléon

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–          Le Soulèvement de Varsovie

–          Le Varsovie des Arts et des Lettres

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